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Harry Roselmack

Journaliste et animateur de télévision française

15 Novembre 2021

"Comment réconcilier la France"
 

HARRY ROSELMACK

BIOGRAPHIE

Harry Roselmack est né le 20 mars 1973 à Tours (Indre-et-Loire). Ses parents sont tous deux martiniquais. Sa mère était agent de La Poste et son père, policier.

Symbole de la “diversité” dans les médias, Harry Roselmack est devenu en quelques années l’un des présentateurs préférés des téléspectateurs. Homme aux multiples casquettes (présentateur, producteur), engagé pour colorer les médias, l’ancien présentateur du 20h de TF1 sait adapter la déontologie journalistique pour faire du sensationnel.

 

Formation

DEUG d’histoire.

DUT de journalisme à l’École publique de journalisme de Tours.

 

Parcours professionnel

Il fait ses débuts à la radio, en présentant les flashs info sur Radio Béton, une station locale de Tours où son père anime avec des amis une émission sur les Antilles le dimanche.

 

2000: Il entre au sein de Radio France.

Il débute sur France Bleu, dans diverses antennes locales, avant de passer sur France Info. En parallèle, il débute à la télévision sur La Chaîne météo. Par la suite, il intervient dans l’émission politique France Europe Express, présentée par Christine Ockrent et diffusée le dimanche soir sur France 3 et pour France Info, radio associée au programme.

 

2005: Recruté par i>Télé.

Il présente la grande édition de 18h à 18h30, ainsi que le journal de la mi-journée dans l’émission Nous ne sommes pas des anges sur Canal+.

 

2006: Remplaçant officiel sur TF1 de Patrick Poivre d’Arvor puis de Laurence Ferrari à partir de septembre 2008 pour le journal de 20h.

Il présente le magazine d’information Sept à Huit sur TF1, en duo avec Anne-Sophie Lapix puis en solo à partir de septembre 2008 suite au départ de la journaliste pour Canal+. À partir de novembre 2009, il présente le magazine d’information Harry Roselmack en immersion diffusé en seconde partie de soirée sur TF1

 

2009: En parallèle, il rejoint RTL pour animer chaque samedi « Le Journal inattendu »

 

2011: Abandonne son rôle de joker de Laurence Ferrari, à la présentation du journal de 20 heures de TF1. Il quitte RTL.

 

2014–2016: Il produit plusieurs films avec sa société HTO Productions : le court-métrage le 13e Homme (2014), les documentaires Petits boulots d’été, le rêve et 7 jours/7 nuits à Courchevel (2015), le documentaire télévisé Dans l’ombre de Teddy Riner (2016), tourné sur trois ans avec la société de production Black Dynamite.

 

Fin 2016: Il annonce le tournage de son premier long-métrage, Fractures, qui sort en salles à la rentrée 2018.


 

CITATIONS

« La mixité raciale est en danger. » « Derrière les murs de la cité » — TF1, 24 octobre 2008

 

« Je représente une figure un peu particulière, dont ils [les habitants des « cités »] se sentent assez proches, via la couleur de peau » « Roselmack à Villiers-le-Bel : « On n’a jamais eu peur » — Le Parisien, 24 novembre 2009

 

« J’ai bien sûr été choqué par les propos de cet homme [Guerlain] Il y a des propos qui ne peuvent pas être tenus. Bien sûr, ce n’est pas par la répression ou la peur qu’on réglera ça mais par l’éducation » « Harry Roselmack, “choqué” par le dérapage raciste de Jean-Paul Guerlain » — La Dépêche, 23 octobre 2010

 

« Non, il y a encore une différence [entre un jeune diplômé noir et un blanc]. De plus, les jeunes de couleurs de peau différentes viennent souvent de milieux sociaux défavorisés et habitent dans des zones dites “sensibles”. Ces accumulations handicapent. » « Harry Roselmack la télé en couleurs » — VSD 23 juillet 2011

 

« En arrivant à TF1, j’ai reçu quelques lettres racistes, mais très peu. En France, le problème tient au conservatisme plus qu’au rejet de la différence. Nous avons qualifié nos élites : elles sont blanches, viennent des mêmes écoles, sont globalement catholiques. On a du mal à sortir de ces critères. » Ibid.

 

« Je représente la diversité dans son ensemble. Quand quelqu’un qui vient de l’étranger voit mon émission, il se dit tout simplement qu’en France il y a des Noirs ! (…) Oui [Êtes-vous favorable à la discrimination positive ?], les minorités ethniques doivent être plus représentées dans les médias, la politique, les arts et les fonctions économiques. Il faut imposer la diversité. En France, nos élites sont blanches et viennent des mêmes écoles. On a du mal à sortir de ces critères. » Ibid.

 

« À TF1, non, je n’en ai pas eu l’occasion et, pour l’instant, je constate qu’il se passe des choses dans ce sens. Par contre, à Éléphant & Cie, la maison de production de “Sept à huit”, j’ai dû en parler [promotion de la diversité]. L’effectif de journalistes de l’émission va être doublé avec un risque de non-représentation de la diversité. J’ai mis le doigt dessus, on verra s’ils m’écoutent. » Ibid.

 

« Je me vois peu, mais je ne me vois pas Noir. En tout cas, je ne me qualifie pas comme tel, en général. Je suis d’abord un homme, un fils, un frère, un mari et un père, un citoyen, un journaliste, un passionné et oui, oui, c’est vrai, je suis noir. La République, son slogan et ses lois parviennent, la plupart du temps, à me le faire oublier », Le Monde, 5 novembre 2013

 

« Parce que l’expression de ce racisme, dans la bouche d’une candidate Front national aux municipales (exclue depuis), était primaire, parce qu’elle recourait à une iconographie profondément choquante qui niait au nègre le statut d’être humain, elle m’a amené à m’interroger, en tant que Noir d’abord, en tant que citoyen, fils, père et mari ensuite », ibid, au sujet d’une candidate FN qui compare Christiane Taubira à un singe.

« La xénophobie, le racisme constituent même le ciment essentiel [du FN] Et il n’est pas inutile que son vernis républicain, grossier maquillage dont Marine Le Pen le badigeonne consciencieusement, s’écaille de temps en temps », ibid.

 

« Combien de fois ai-je dû expliquer à un restaurateur ou même à un camarade que les vieilles affiches ‘Y’a bon Banania’ qu’ils accrochent à leurs murs ne peuvent pas être regardées qu’avec amusement ou nostalgie. Tant que l’on laissera ces peaux de Banania traîner dans nos cerveaux, des glissades et dérapages vers l’injure raciste sont à craindre », ibid.

 

« Je dois bien le reconnaître, pour le coup, ma couleur de peau m’a plutôt servi, en tout cas quand je suis arrivé à TF1 », Sudinfo.be, février 2015

 

« Il était illusoire de penser que tout allait bouger d’un coup parce qu’on avait nommé un Noir à la tête du 20 heures de TF1 ! Ces changements sont lents, trop lents sans doute. Ils prennent du temps mais ils s’opèrent de façon régulière et continue », TéléObs 18 mars 2017

 

« Mon arrivée au 20 heures a aussi été perçue comme une évolution de société. Elle posait la question de la discrimination positive et de son utilité », ibid.

 

« Il y a, depuis une dizaine d’années, un mouvement de raidissement identitaire. Les Français sont peut-être, aujourd’hui, encore plus rétifs à l’autre et à la différence. Ils ont besoin de se raccrocher à des racines identitaires. […] Les Français ont désormais tendance à se retrancher sur des identités secondaires ; elles leur paraissent plus fiables qu’une identité nationale qui pourtant créerait du lien et nous emmènerait tous dans la même direction.», ibid.

« Je ne tiens pas à combattre le FN en le discréditant. Je ne veux pas être le pourfendeur de Marine Le Pen et consorts », ibid.
 

Un recul du sentiment de déclin de la France, même si cette opinion est émise par trois français sur quatre (vs 86% en 2016) – slide 6

 

L’avenir du système social, la délinquance, la protection de l’environnement, le pouvoir d’achat et la crise sanitaire constituent les principales préoccupations (environ 40%) – cf slides 8 et 9

Le manque de confiance envers les autres est toujours affirmé par plus des trois quarts de l’opinion publique – cf slide 11, comme celle envers les médias ou les politiques (en dehors des maires) – cf slide 16 (conséquences : 1/3 estiment que d’autres systèmes politiques peuvent être aussi bons que la démocratie ( cf slide 100) et 2/3 que le vote n’est pas très utile pour faire changer les choses – cf slide 107). La confiance est en revanche largement majoritaire à l’égard des PME, de l’armée, des scientifiques, voire de la police (au moins 75%) – cf slide 15

La nostalgie du passé (70%) est toujours fortement ancrée, tout comme les doutes envers un futur positif (environ 40%)- cf slide 22

La mondialisation est toujours majoritairement perçue comme une menace pour la France (58%); avec pour conséquence le sentiment de devoir se protéger davantage du monde d’aujourd’hui (2/3) – cf slide 34. Conséquence directe : seul un français sur deux estime que l’Europe est une bonne chose – cf slide 41 (en recul vs historique – cf slide 42)

Le racisme est présent en France pour 80% - cf slide 52 et en augmentation pour 60% - cf slide 53

 

Enfin, les mesures sanitaires mises en place par le gouvernement recueillent entre 2/3 et ¾ d’adhésion – cf slide 134


 

Le Mur, Alerte à la France, Harry Roselmack

Le Un Hebdo, n° 366, mercredi 23 septembre 2021

« Fier, reconnaissant envers la France » à laquelle vous portez un amour qui, lui aussi, porte ses exigences.

Ces mots semblent porter un amour conditionnel à la France, à laquelle vous prédisez un aller direct pour le « Mur », Mur que vous définissez comme une création de notre mental.
Quel est-il, ce Mur ?

 

Vous mentionnez ces quelques éditorialistes évoquant les conséquences de la disparition de « l’Esprit français ». Selon vous, avant de crier à sa perte, il faut repenser celui-ci. Comment ?

 

Suivant cette thèse (la nécessaire refonte de « l’Esprit français » ndlr), vous faites référence aux pays nordiques qui ont, selon vous, su conserver leur identité collective psychologique.

 

Plus loin dans votre tribune, vous expliquez que ledit « Mur » s’est fondé sur la confrontation entre les descendants des initiateurs de la colonisation et les descendants de ceux qui ont vécu celle-ci.

L’éducation doit également être repensée ?

 

Exemple de la transformation genrée ; en somme, l’humanisme se définirait il succinctement comme l’acceptation de l’autre ?

 

Vous évoquez le fait communautaire par le prisme de l’acceptation de celui-ci dans son ensemble (ethnie, culture, religion…), tant qu’il ne fait pas obstacle à une identité collective partagée. En ce sens, vous expliquez que la religion doit respecter le périmètre d’une juste laïcité.

La définition de la laïcité est sans cesse remodelée devant l’audience publique. Selon vous, n’y a-t-il qu’une seule définition possible de ce droit ? Si vous deviez y accoler une analyse qui vous est propre et propre à notre temps, comment la définiriez vous ? 

 

Votre tribune dans Le Un Hebdo est un véritable appel à la solidarité. D’un point de vue sociologique, vous relevez que les Gilets Jaunes – que vous définissez comme étant mouvement à la sociologie rurale, périurbaine et blanche – n’ont pas été massivement soutenus par les Français non blancs, en moyenne plus exposés à la précarité également. 

Pensez-vous que cela relève de ce que vous appelez le « manque d’appétit de vivre-ensemble » ?

 

Vous retranscrivez le discours de ceux que vous appelez les « soi-disant nationalistes [manipulés] par des cyniques qui prospèrent sur le fantasme d’un retour à la France des années 80. »

Quelle considération portez vous sur ce fantasme, vu par le prisme actuel ?

 

Vous vous interrogez sur la nature de l’identité psychologique collective de la France depuis l’érection des libertés fondamentales en droits.

À la question « Qui sommes nous ? », que répondriez vous ?

Cette conférence a présenté un Harry Roselmack qui nous a montré son ouverture d'exprit, son esprit critique, en toute hhumilité et beaucoup d'espoir pour l'avenir.